Publié le 18 Novembre 2012

 

1 -

Andréa tu comprends je ne veux pas

L’entendre respirer de l’autre côté du mur

Je ne veux pas sentir ses rêves derrière la porte

 

2 -

Il m’a dit : quand je t’embrasse je les embrasse tous.

 

3 -

cables

 

4 -

La danse de l’oiseau déjà mort

 

-       C’est lui ?

-       Non – ça aurait pu être lui

Mais il est trop grand.

Celui-là fait peur. Il ne faisait pas peur

Il était plus petit plus gros plus vieux plus laid.

Il avait une tête drôle

(celui qui m’a manipulée)

 

5 -

mere devorante 3b

 

6 -

- Je t’aime Je t’aime Je t’aime Je t’aime

Dit-il alors qu’on s’embrasse sur le carrelage de l’entrée la tête contre le sac poubelle

Puis

- C’est une torture si je te suce sans te faire l’amour ?

 

7 -

Evidemment j’ai peur qu’il ait le sida

(il est si maigre et il ne fait pas l’amour)

 

8 -

Du coin de l’œil je la hais

Ses lèvres descendent

Mauvaise laine mauvaise haleine

« Promis j’arrête »

 

9 -

Cette nuit je l’ai cherché en courant j’ai ramé sur un fleuve.

Puis ma poitrine s’est ouverte sur chaque sein en deux fleurs de chaire et d’os comme des mains.

 

10 -

Un homme fait miaou en me regardant

(un pervers)

 

11 -

Un chien blanc comme un panda

 

12 -

A force de regarder

La mer penchait vers la montagne

Qui penchait vers la mer

 

13 -

Dans l’appartement l’eau monte

Et flottent des cadavres.

Il faut le rassurer il devient fou

Fait le mort et se retourne

Les dents poussées le visage horrible

Je le prends dans mes bras

Nous allons dormir dans la rue

Il y a des couvertures propres.

L’eau est descendue

Par terre des champignons

Et sur mes bras des taches bleues de moisi.

C’est très beau je vais filmer

J’ouvre la main des asticots sortent

 

*          *          *

 

Je lui ai dit tu as des yeux bizarres ils sont à l’envers

Il m’a dit oui bien vu

 

14 -

Une vie saine, disent-ils, pleins de parasites et puanteur.

 

*          *          *

 

Il était tout à fait stupide

                                    Assieds-toi là

La prétention édictée en Ville-Lumière

                        J’ai quelque chose à te dire

Je défendais l’amour simple

            Tu m’écoutes 

En chevalier

A Tristan

 

Et la bonne odeur de cendrier

 

15 -

les textures b

 

16 -

Hier soir en rentrant du bar

Nous voulions déchirer/filmer/shooter

Le fabriquant d’anges gratuits

Comme si…

De l’argent et l’ange.

Quand tu as bu

Les yeux ralentis et doux

Si ce n’est pas de l’amour ?

 

17 -

« Je m’en fous, je peux très bien rester seule. »

Répond-elle en souriant, le regard malicieux.

Elle disparaît de bon pas, elle fait jeune dans sa robe bleue.

Hors de vue (de sa vue) elle regarde objectivement l’objectif et s’éteint.

 

Puis, on peut regarder le paysage.

 

18 -

Andréa

Je la déteste parce qu’elle se prostitue

Mais je ne peux m’empêcher de désirer sa préférence.

 

19 -

« - Bonjour mon amour »

« - Bonjour ciel »

« - Soleil »

« - Ce que tu m’as manqué »

 

20 –

Quel plaisir d’être mordue

 

Faire l’amour à une fille

Dit-il

Dit-il

 

Quel plaisir d’être mordue

Et d’être fait l’amour par

 

21 -

l'agneau mechant

 

22 -

« Vous êtes ignobles »

Dit un de mes jeunes voisins homosexuel.

Mais tout le monde sait qu’il est amoureux.

 

*          *          *

 

Ce que m’a soufflé l’Africain en rêve

 

dans la tête

 

dans la nuque

 

dans le dos

 

Il dessinait une croix

Et je m’envolais

 

23 –

oiseau

 

24 -

Andréa pour qui vas-tu danser ?

Et tes yeux tout-à-coup-graves.

 

Dans un jardin sec

tôt

 

25 -

couple 1 b

 

26 -

Sa peau scintillait et elle était obsédée par Andréa.

Un jeune homme passa à vélo, la regarda en se passant la langue sur la lèvre.

Elle venait de refuser un recommandé, pour lequel elle avait fait deux aller retours, et après une longue réflexion, devant  la poste, immobile entre une poussette, un fauteuil roulant et deux pères détestables, avait pris la décision de s’asseoir là, à la terrasse de ce bar kabyle, le Café des Sports, à la table laissée vide, brûlante de soleil.

 

*          *          *

 

Ils ont de si grands sourires.

Je crois qu’ils sont dans la mer

« Tu enlèves le crapaud et tu mets un canon sur la pelouse »

 

27 -

Un chemin de terre accidenté.

Un homme marche à ma hauteur. Malgré mes efforts, nos vitesses sont les mêmes.

Un homme me siffle.

Je prends à gauche un chemin plus petit encore, qui m’amène dans un pré marécageux. Tout à coup je sens une douleur au bras.

Un grand serpent vert resserre ses anneaux, il a une tête de vipère et un corps de couleuvre. Je continue à marcher, me posant la question de sa nature ; je m’efforce de ne pas secouer mon bras, mais je ne peux pas m’en empêcher. Le serpent lâche et s’envole.

Une clôture sépare le pré des bords d’un canal.

Le sol humide est tout piétiné par deux enfants de trois ans, en couches, enfermés dans un petit enclos de grillage. Je salue la jeune femme qui les garde, elle est accompagnée d’un garçon de treize ans.

Je parle avec le garçon. Je voudrais partir avec lui, il le veut aussi. Nous marchons ensemble le long du canal, dans mon sac à dos j’ai un parapluie.

Mais je glisse dans la boue et tombe dans l’eau.

A cause de mon gros sac militaire je n’arrive pas à sortir de l’eau, le garçon essaie de m’aider mais il glisse à son tour. Nous regardons les passants au loin, une vieille courre vers nous mais c’est pour me lancer une pierre. Puis une femme s’approche et nous offre son aide.

Nous rions tous les deux, et je m’accuse de stupidité. Le garçon me contredit. Pourtant, lui dis-je, la première chose à penser est bien de détacher son sac à dos.

 

28 -

Une grande loterie au sol. Une multitude d’êtres (humains ?) en costumes de pieuvre, plongent dans l’eau noire.  Oui, l’humanité prend la forme d’une immense pieuvre blanche constituée, elle refait surface, les êtres se transforment de diverses manières et colorent en bleus, je vois se dessiner des éléphants, l’humanité, légère, prend résolument la route du ciel, sa trompe monstrueuse dressée, s’extrayant des liquides.

 

 

Mathilde Nègre – 2008/2012

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Rédigé par Mathilde Nègre

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Publié le 14 Août 2012

 

 

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        Mère dévorante 1, 2008

 

 

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        Mère dévorante 2, 2008

 

 

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        Mère dévorante 3, 2008

 

 

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                                      Femme, 2008

 

 

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         L'agneau méchant, 2008

 

 

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        Les textures calmes, 2008

 

 

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                                      K., 2008

 

 

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                                                 L'oiseau, 2008

 

 

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                                      Connasse dans le métro, 2008

 

 

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                                   Clochard dans le métro, 2008

 

 

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                       Couple, 2008

 

 

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        Câbles, 2008

 

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Publié le 17 Juillet 2012

Los chicos son como las flores

Les garçons sont comme les fleurs

 

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Vidéo

 

Tu sais, j’ai peur de mourir.

 

Les années ont passé,

Mais tu es restée la même.

Combien de fois avons-nous changé,

De ville, de travail, de vie,

Sans comprendre cette petite vérité,

Sans rien comprendre.

 

Les garçons sont comme les fleurs,

Ils n’ont pas besoin de notre regard pour exister.

Les garçons sont comme les fleurs,

Ils peuvent se regarder eux-mêmes.

 

J’ai peur de le tuer.

 

Tu es restée entre les meubles

Comme une reine.

Tu as continué, Sainte Bourrique,

Et je te vois, toi,

La pomme industrielle,

Qui ne peut pas s’arrêter de briller.

 

Les garçons sont comme les fleurs,

Ils n’ont pas besoin de notre regard pour exister.

Les garçons sont comme les fleurs,

Ils peuvent se regarder eux-mêmes.

 

Tu sais, j’ai peur de vivre.

 

Allons, amoureuse,

Allons toucher les chevaux noirs,

Les grands chiens,

Jusqu’à ce que la nuit explose,

Jusqu’à la disparition

Des miracles.

 

 

                                                   Mathilda Negra

                                              Madrid, mars 2011

 

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Publié le 16 Juillet 2012

Mathilde de Nègre

 

Vidéo

 

De mes années d’enfance

J’ai perdu l’espérance

Mais pas le goût

De ton odeur

Petit poney t’es tou-

Jours aussi beau

T’es doux

Au dessus des naseaux

 

Petit poney parle moi

Me laisse pas seule avec mes maux

J’ai tant d’amour à

Te mettre sur le dos

 

Lorsque je pleurais lorsque

J’étais triste à pleurer

Je t’appelais

Tu ne venais pas

Sauf pour du pain

Alors je t’en donnais

Et tu restais

Tant que j’avais du pain

 

Petit poney parle moi

Me laisse pas seule avec mes maux

J’ai tant d’amour à

Te mettre sur le dos

 

A chaque fois j’ai peur

Que tu sois mort mon cœur

Une bâche noire

Dessus ton corps

Les yeux crevés emplis

De mouches l’anus

La bouche

Le ventre comme un ballon

 

Petit poney parle moi

Me laisse pas seule avec mes maux

J’ai tant d’amour à

Te mettre sur le dos

 

On sent l’équarisseur

Arriver à l’odeur

Son camion sue

Un jus de mort

Par les pattes il t’attache

Il te soulève

Dans l’air

Ta tête pend et puis tu tombes

 

 

Mathilde de Nègre

14 juillet 2012

 

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Vertu, Vérité et Shoura

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Publié le 30 Juin 2012

 

A propos des Bayonnales

 

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Les 1er, 2 et 3 juin 2012 s'est déroulé le Festival du Film Les Bayonnales du Grand Paris, Au Creux du Prestige...
Thomas Lasbleiz, réalisateur des Pêchers de Montreuil et coréalisateur de Si j'étais Sarkozy, deux films en compétition, était présent aux Bayonnales.
Il témoigne.

 

Comment intégrer le Collectif Bayonne Arrive ?

 

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Parcours scolaire, épreuves d'admission et initiation, Thomas Lasbleiz, réalisateur, explique les différentes étapes d'intégration dans le Collectif Bayonne Arrive.

 

 

Interviews réalisés par Mathilde Nègre, à Paris, le 23 juin 2012

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Rédigé par Mathilde Nègre

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Publié le 22 Juin 2012

 

1 - Puisses-tu garder la chambre !

 

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A. me dit : « Tu es plus belle quand tu es nue. »

Je suis très gênée, parce que je ne suis pas nue, et je suis très gênée qu’il puisse croire que je me sois mise nue devant lui.

 

Il se tient à présent à l’autre bout de la pièce, mou comme un chien frappé, et je remarque qu’il a une tête de champignon.

 

Le cas de A., malheureusement, n’est pas exceptionnel.

A. est toujours un homme, plus âgé que moi, et repoussant.

Sa présence lancinante - il change régulièrement d’identité et de visage - a d’abord provoqué ma pitié, mon irritation, puis mon inquiétude.

 

Et voilà que son nouveau film passe sur moi.

 

Aujourd’hui c’est un film dans lequel j’aime A., je désire A. sans le lui dire, alors A. me fait l’amour.

Hier il y avait un film de bondage, dans lequel A. jouait le rôle du rigger. Il m’attachait avec des ficelles à viande.

 

Toute tentative est vaine de faire connaître à A. l’inquiétude désagréable que son attitude provoque.

 

De mon côté, j’en ai assez entendu.

 

Quand j’entre dans le pré de vaches que je ne connais pas, je prends un bâton.

Je ne tourne pas le dos au bélier.

J’aurais voulu que mon poney m’aime comme je l’aime, mais il ne m’a pas consolé quand j’étais triste, il m’a joué des tours, et si je continue de l’aimer, c’est en me méfiant de lui.

 

Je ne suis pas plus idéaliste s’agissant des A..

Quand l’un d’eux s’approche de moi, j’aboie, et tant pis si on me prend pour une chienne.

 

A., puisses-tu entendre cela que je te dis !

Puisses-tu garder la chambre !

 

 

2 – Effectivement, P. est dangereux.

 

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Il est une chose que certains adultes cherchent, parce qu’ils sont persuadés d’exister, à leur âge, comme des caricatures d’enfants.

 

P. s’était souvenu, bien plus tard, comment il se concentrait sur son cœur, sur sa tête, se faisant rayonner, de cette façon que l’hindouisme enseigne.

 

Il s’était senti fier, il pouvait raconter l’histoire de son retour.

Ce faisant il a omis la honte concomitante.

Car enfant il se cachait dans la nuit et n’en parlait jamais, jamais à personne.

A cette époque il rêvait de nudité, de défécation contrainte dans la cour de l’école, et c’était déjà parmi les plus grandes humiliations. Mais celle-là d’être découvert entrain de prier ne se rêvait même pas.

 

Au café, P. décrit les attitudes secrètes ; dans la rue il touche le bitume avec son front.

Je le vois souffrir de s’abaisser ainsi.

Le public ne le comprend pas et le craint.

Effectivement, P. est dangereux.

 

Peut-être il existe des cultures sans pudeur, en tout cas cet homme-là n’est pas né d’elles. La façon dont il raconte qu’il a partouzé, qu’il a niqué dans la rue - il le dit comme un punk crache - prouve que j’ai raison.

 

P., qui fréquente les ashrams, rend leur atmosphère très obscène.

 

 

     – Break

 

Si tu parles si mystérieusement que les autres peuvent comprendre ce qu’ils veulent, mieux vaut te taire !

 

 

3. – Pourquoi il est méchant

 

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Comment expliquer la méchanceté de Godard,

(cet homme très spirituel, et socialiste des origines - quoique confusément -)

Comment expliquer la méchanceté de Godard envers ceux qui l’aiment à cause d’aimer ses films ?

 

1 / Parmi les fans de Godard, dont l’amour est sincère, se cachent des A.

2 / La relation de Godard avec ses fans ne peut pas être une conversation, parce que son objet serait le secret de Godard

 

La méchanceté, bouclier protecteur du cœur étincelant de Godard, n’est autre que la condition d’existence de son œuvre.

On pourrait parler de l’odeur de Godard, qui est aussi une technique de protection.

 

 

Mathilde Nègre,

Paris, 20 juin 2012

 

Photos Lohengrin Lefevre

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Rédigé par Mathilde Nègre

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Publié le 15 Juin 2012

LES BAYONNALES DU GRAND PARIS,

AU CREUX DU PRESTIGE,

FESTIVAL DU FILM

 voir la vidéo

Caméra Cédric Mandil / Montreuil / 1er, 2 et 3 juin 2012

 

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Rédigé par Mathilde Nègre

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Publié le 6 Juin 2012

COMMUNIQUE OFFICIEL DU FESTIVAL DU FILM

LES BAYONNALES DU GRAND PARIS, AU CREUX DU PRESTIGE

 

Le dimanche 3 juin 2012 devant le public du CASA Poblano à Montreuil,

Le jury des Bayonnales du Grand Paris, Au Creux du Prestige

composé de Anthony Cajan, Marco Das Neves, Jean Dusaussoy, Fatima-Ezzahra Benomar, Elisabeth Kvaalen, Elodie Lavoute, Anaïs Sartini et Jean Peyrelade

a décerné ses prix.

 

 

Le jury, monté sur scène, a décerné Le prix vert d’eau qui est une création en plastique de Baptiste Goulay  en forme de pistolet au film Look de David Pujol.

David Pujol, ému, a voulu faire plaisir à Laurent Jarrige, alors il lui a donné son prix.

Laurent jarrige, qui aurait préféré une autre couleur, mais qui a tout de même remercié chaleureusement le jury pour ce prix, l’a décerné à Baptiste Goulay pour son film Victor.

Baptiste Goulay l’a remis à Mathilde Nègre, qui l’a donné à Frédéric Couet, qui l’a décerné à Sullivan Coredo, qui était absent, mais qui avait laissé un mot, sur lequel était écrit que si quelqu'un lisait ce mot, c'est qu'il aurait gagné un prix pour l'un de ses films, mais dont il n'aurait pas été trop fier, alors il aurait préféré que le film de Thomas Lasbleiz Les pêchers de Montreuil soit distingué. Thomas Lasbleiz a trouvé que Dorian Daill méritait mieux ce prix, et il le lui a remis, pour n'avoir fait aucun film.

 

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David Pujol, Laurent Jarrige et Frédéric Couet trouvent le mot de Sullivan Coredo

 

Dorian Daill, influencé par Thomas Lasbleiz, l’a refilé à Lenio Jarrige Ferreira, ce qui a fait taire tout le monde. On venait d’entrer dans l’histoire, avec le plus jeune nominé de l’histoire des Bayonnales, quand, à la surprise de tous, on a entendu une voix qui venait du bébé, une voix un peu rauque, parce que c’étaient ses premiers mots, et cette voix a décerné le prix vert d’eau à Natacha Bitton, qui a embrassé le jury et l’a remercié.

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Lenio Jarrige Ferreira décerne le prix vert d'eau à Natacha Bitton (avoc Elodie Lavoute et Thomas Lasbleiz)

 

 

Le jury a décerné Le prix saumon qui est une création en plastique de Baptiste Goulay en forme de pistolet à Big shot de Maurice Huvelin, qui n’était pas là et qui n’avait pas laissé de mot.

 

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  Le prix saumon, une création en plastique de Baptiste Goulay en forme de pistolet

Le jury a décerné Le prix du prolétariat révolutionnaire qui est une création en plastique de Baptiste Goulay en forme de pistolet au film La signature de Robin Bauzou, qui n’était pas là, et n’a rien pu dire.

 

  Le jury a décerné Le prix du doute qui est une création en plastique de Baptiste Goulay  en forme de pistolet à Thomas Lasbleiz pour son film Les pêchers de Montreuil.

Thomas Lasbleiz a préféré donner le prix du doute au jury, mais celui-ci l’a rendu à Thomas Lasbleiz, qui est allé rejoindre Laurent Jarrige pour le partager, et Laurent a dit qu’il était content parce que c’était ce prix-là qu’il voulait.

 

 

Le jury a brandi Le prix orange foncé qui est une création en plastique de Baptiste Goulay  en forme de pistolet devant le public, puis il a dit qu’il avait décidé de ne pas le donner, parce que la couleur était vraiment trop laide, il a levé plusieurs bras agressifs, il a dit « Yo », et le public a aimé ça.

 

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Le jury refuse de décerner le prix orange foncé

 

Le jury a prononcé le nom du prix du creux du prestige d'or qui est une création en plastique de Baptiste Goulay en forme de mitraillette, afin d'impressionner le public. Le public impressionné a dit "ouh". 

 

Le jury a annoncé que deux prix du creux du prestige d’or allaient être décernés.

Thomas Lasbleiz et Laurent Jarrige sont montés sur scène pour aller le chercher mais aucun des prestiges d'or ne leur était destiné ; ils ont tenté de les dérober mais le jury ne s'est pas laissé faire.

Le jury a distingué le film Mauvais coton de Sébastien Zaccoletti, qui n’était pas là.

Le jury a distingué le film Myrrha de Mathilde Nègre, qui était là, qui était gênée, et qui a donné le prix à Dorian Daill pour qu’il soit gêné à son tour, et pour le remercier d’avoir financé l’ensemble des films de Bayonne Arrive et d’avoir invité l’équipe des Bayonnales au restaurant, et le public n’a pas su si c’était vrai.

 

 

David Pujol est monté sur scène pour annoncer Le prix du public, public qui a distingué ex-aequo les films Koan de Souliman Schelfout, Mauvais coton de Sébastien Zaccoletti, et Look de David Pujol. En l’absence des deux autres réalisateurs, David Pujol a pu emporter le prix du public chez lui, qui est une création en plastique de Baptiste Goulay en forme de pistolet, afin d’en jouir.

 

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David Pujol ordonne au public d’aller boire le punch

 

Le public a applaudi, les organisateurs du festival ont dansé la chenille, puis ils ont eu honte, puis ils ont bu du punch, dans le punch il y avait des grumeaux blancs de lait de coco, qui, mélangés à la joie, laissaient une impression originale.

 

 

L'équipe des Bayonnales du Grand Paris, Au Creux du Prestige,

Festival du Film organisé par le collectif Bayonne Arrive

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Rédigé par Mathilde Nègre

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Publié le 16 Avril 2012

 

C’était le 26 octobre 2011, à 20h00, sur TF1.

 

« Parfois on se promène dans les rues, en regardant chaque homme dans le pantalon, pour essayer de deviner comment est sa bite. »

 

Il y a des moments de télévision dont on ne peut comprendre l’importance sans s’attacher au  contexte, ainsi nous échapperait, par exemple, le succès de Bienvenue chez les Ch’tis.

 

LE CONTEXTE

 

Tout allait mal, et de plus en plus mal.

Les femmes se haïssaient les unes les autres, leur compétition n’avait besoin ni de témoin ni d’objet. Fascinées par les prostituées et par les actrices, elles étaient les victimes de pensées réactionnaires qui trouent l’estomac et fabriquent des bébés bizarres.

 

Quand surgit l’Analyse comme Evidence.

Cela se passait dans un café du 19ème arrondissement de Paris,

Ce afin de rappeler au public les méfaits d’un siècle bourgeois catholique capitaliste, inventeur de l’Immaculée Conception, qui sépara une deuxième fois la sexualité de l’enfantement.

C’est alors qu’on entendit Mike Brant.

Une main saisit un stylo, et écrivit ces quelques phrases :

 

1/ C’est le désir qui délivrera la femme d’elle-même.

    Tant il est vrai qu’elle est son propre esclave.

 

2 / Avant qu’elle s’affranchisse,

     Etre désirée l’emprisonne d’avantage.

 

(Imagine toi un instant le risque que prend l’actrice nue !!!!)

 

Car le désir des hommes est un essaim de mouches qui se pose sur ses yeux et la rend aveugle à son propre désir, 

Car le désir des hommes est une sirène séduisante qui la rend sourde à son propre sexe.

 

Il la laissera sans connaissance, sans amour, emplie de glue et de hargne,

Obsédée par elle-même, par ses attraits futiles, et méchante,

Si elle ne sait fermer ses yeux, boucher ses oreilles,

Et suivre le chemin d’amour chanté par Mike Brant sur Radio Nostalgie :

« Que tu es belle ô mon amour, lorsque le désir t’a délivrée »

 

 

*            *            *

 

Le Chat Du Jardin D'Alice Modif Pour BayonneArriveHD DSC854

 

Tais-toi, dis-je.

Tais-toi, dis-je à celui qui fait crier sa bite.

Ma chatte est timide, elle n’a pas l’habitude de parler. Elle a besoin de silence et d’attention.

 

La bite est puissante, entraînée, elle couvre facilement les murmures.

 

Donc il faut que la chatte prenne courage, chante fort quitte à chanter faux, trouve cette voix redoutable et perçante, celle des guerrières de l’amour vrai, qui savent détruire autant qu’aimer comme le peuvent tous les êtres accomplis.

 

DANS CE CONTEXTE

C’était le 20h00 de TF1, on voyait Laurence Ferrari, qui est une tache rose saumon avec des cheveux.

 

A ce moment

Vinrent les trente rugbymen, moitié nus, très beaux et musclés,

Les femmes se mirent à glousser,

Leurs yeux brillaient,

S’échappaient d’elles des striures de lumière basique,

Elle sautaient.

 

A ce moment

Tous les hommes qui n’étaient pas des rugbymen sont devenus gris,

Petits et leur dos s’est courbé,

Tout à coup ils ont eu honte de leurs corps,

Ils étaient malheureux c’était triste.

 

C’était un grand moment de télévision.

 

Les femmes qui ont tant souffert à cause des magazines féminins

Ont regardé leurs hommes tristes, elles avaient envie de faire l’amour.

Elles les ont pris en pitié.

 

Elles ont dit :

Ce qui compte c’est pas la beauté de ton corps c’est la beauté de l’esprit qui l’habite.

Ce qui compte c’est pas la taille de ton sexe c’est comment tu t’en sers.

Ce qui n’a pas réconforté les hommes car ils connaissent l’état d’avancement des consciences, et le stade où nous existons.

 

Moi je ne les plains pas, il faut qu’ils apprennent la difficulté de vivre avec un miroir grossissant dans le sac à main.

Leur tristesse n’est pas trop chère si nous pouvons nous comprendre.

 

Les femmes, elles, qui s’étaient tues, avaient des bites visibles dans les yeux,

Qu’elles ont commencées à dessiner,

Qu’elles ont commencées à chanter,

Et elles se touchaient les seins.

 

Elles étaient complètement obsédées sexuelles.

 

C’est le début, il y a beaucoup d’étapes à traverser, ensuite on pourra discuter d’autre chose.

Le sexe cousu fermé l’esprit n’a aucune idée qui vaille.

Ensuite on pourra s’aimer en camarades les unes les autres, ça va être bien,

On pourra arrêter de se mater comme des folles à moins qu’on soit vraiment lesbiennes.

 

 

Mathilde Nègre, 21 janvier 2012

Photo Le Chat du Jardin d'Alice par Jean-Michel Jarillot

pour la revue N°4 du collectif Bayonne Arrive

Mourir à l'Oeil

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Rédigé par Mathilde Nègre

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Publié le 2 Février 2012

 

 

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Nous sommes heureux d’annoncer la première édition du Festival de cinéma de l’association Bayonne Arrive, qui aura lieu au printemps 2012.

 

Si nous créons ce festival, c’est pour sélectionner nos films et ceux de nos copains, et se concéder des prix après faible débat, condescendance, petits sourires, ainsi enfin nourrir nos CV d’une ligne auto-suceuse, à petites étoiles. Oui, nous avons des faiblesses égotiques cachées dans nos caleçons et strings panthère, ce qui nous vaut des montées alcooliques, des tentatives de travail en intérim, des écoutes suicidaires de petits cons à carte de producteur. Nous avons déjà beaucoup souffert quand nous ne sommes pas si vieux, ce qui laisse présager.

Il est temps de s’offrir des massages et de taper sur les jeunes.

 

Si nous créons ce festival, c’est par esprit prévoyant et sage, par souci d’investissement sur l’avenir, lançant telle une poudre traînée un appel à films. Les pétards du 14 juillet sont terrifiants jusqu’au jour où on les jette soi-même, soudain la sensation opère un revirement, mieux qu’une cocaïne triple, l’adrénaline de guerre avec réminiscences. Aahahahah ! Ca c’est de l’événement, ça donne envie de baiser !

 

 

Or un festival est d’abord un cocktail de clôture,

mis en place par ce qui lui précède. 

 

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Je vous parlerai donc de cette soirée dernière du festival, qui justifie tous les efforts, tournages compris, et cela afin d’éveiller les désirs participatifs du lecteur cinéaste.

           

            5 jurys consultatifs seront constitués :

1 / Des assassins de prison, 2 / des enfants d’école, 3 / des retraités de maison, 4 / des salariés d’entreprise, 5 / des basques de France (le jury suprême)

 

Les prix seront remis par des personnalités du monde politique qui bénéficieront, dans ce lapse d’oreilles tendues, de cœurs battants, de vessies tractées, d’un espace de propagande merveilleux.

Bien sûr, les membres de Bayonne Arrive auront tout loisir de monter sur scène pour parler de leurs opinions morales, religieuses, de leur goût culinaire, etc.

 

Lorsqu’avant le sommeil nous sommes là, étendus sur nos moiteurs estivales, nous imaginons ces regards convergents, posés sur notre bouche physique, quelle jouissure, ce public étalé avec ses yeux ses visages gênés ses pelotes au ventre. Ca pique le corps entier.

 

A l’ouverture des petites enveloppes on rigolera franchement, on fera durer le temps, on invitera un syndicaliste à prendre la parole sur une grève dans une entreprise toulousaine, on organisera un débat sur la politique du maquillage dans le cinéma français contemporain, Thomas Lasbleiz racontera des blagues, enfin on donnera un concert d’électro minimaliste expérimentale improvisée militante.

 

Pendant toute la cérémonie qui sera excessivement longue (17h00 à 21h00), des serveurs traverseront sans s’arrêter la salle avec des plats de saucisson et de fromage, on se dit au début pas terrible le buffet, et puis leur vision distille dans l’ennui de la cérémonie des sensations torturantes.

C’est le moment pour aller aux toilettes, mais on reste là parce que personne ne nous dit où sont les toilettes et il faudrait pas manquer la remise de prix, c’est comme ça, plus on attend plus on se trouve obligé d’attendre, dans l’espoir que l’attente prenne un sens rétrospectif, pourtant l’ennui comme chaque sentiment véritable occupe lorsqu’il se manifeste le temps entier, l’infini.

 

A ce moment précis le silence se fait, et dans le noir comme on mitraillerait sont projetées des images subliminales de saucisson et ce texte : « Donnez nous de l’argent, financez nos films, taisez vous ». C’est un véritable attentat des esprits manipulés.

Puis « Bayonne Arrive » apparaît en rouge sur noir ce qui fait intimidant, avec des bruits de truies agressives qui ont faim et qui ont des petits. 

 

Ceci étant projeté, tout le monde se tient bien.

Laurent Jarrige monte sur scène et regarde le public, il dit :

« Moi je suis basque ».

 

On se souvient des vacances à Dax sans foulard rouge, des hordes de jeunes agressifs avec leurs gros visages et leurs gadgets pour distribuer l’alcool de force dans les rues pleines de pisse de vomi et de caca à la charcuterie de porc.

            C’est un cauchemar terrible surtout pour les musulmans, les juifs, les végétariens, les sans alcools qui sont immédiatement repérés, harcelés, on insère des tuyaux de casquette à alcool dans leur bouche, des gros garçons les serrent dans leurs bras de faux frère, une main au cul et des propositions de saucisse, pendant que le rhum atroce s’insinue dans la gorge, les basques crient ouaih !!!! une horde vomissante disparaît qui rencontre une autre horde, qui crie OUAIH !!! en vomissant, en brandissant des casquettes à whisky coca.

 

            Le public a oublié la torture de son estomac affamé.

 

            Laurent Jarrige répète :

« Moi je suis basque, je viens de Bayonne, je suis arrivé ici. »

 

La salle est silencieuse, les gens ont peur.

 

Laurent Jarrige brandit l’enveloppe rouge contenant le nom du premier prix, élu par le jury constitué de Basques arrivés à Paris, c’est un jury régionaliste, ils font un discours en basque, Laurent Jarrige le traduit en langage des signes, tout le monde comprend, à cause du cinéma, qui est un art visuel.

Le jury explique qu’il a vraiment été touché par le documentaire de David Pujol sur la saucisse de porc au foie gras d’Angoulême – SOUDAIN LE PUBLIC SE SOUVIENT QU’IL A FAIM - mais qu’il a préféré distinguer un film moins séduisant de prime abord mais extrêmement sensible, ouvert sur l’international, avec un intérêt pédagogique pour nos écoles, on peut tout à fait imaginer le projeter aux enfants, c’est vraiment intéressant ça ah oui, ça concerne tout le monde hein, et puis cette qualité de l’image, c’est vraiment bien filmé, hein, un film sur le micro-crédit des banques au Bangladesh, comme quoi on peut être chef d’entreprise et être un vrai humain quoi, ça donne de l’espoir pour la terre.

 

            Le directeur de la communication de l’agence Paris 20ème de la BNP Paribas monte sur scène pour recevoir le prix, Laurent Jarrige lui tend un trophée en forme de jambon, le dir de com de la BNP est tout luisant s’avançant, au dernier moment Laurent Jarrige retire le jambon des mains du dir de com et le jette à la salle affamée.

            Pendant ce temps David Pujol, qui a fait venir d’Angoulême toute sa famille pour faire la promotion de son film distribue des rondelles de saucisse de porc au foie gras.

Le jury des basques, aligné sur scène avec le dir de com de la BNP qui ne sait pas comment sourire mais qui reste sur l’estrade à cause des photographes qui mitraillent, regarde le public faire mouvement vers la distribution de saucisse. De la salle monte une rumeur de grognements, de trépignements, de sucions, d’écrasements, d’essuyages de doigts sur les sièges, de coups de coudes, de crachages des petits morceaux de tendons qu’il y a dans les saucisses et qu’on n’a pas envie d’avaler.

 

S’inspirant pour le magnifier du bruit d’ambiance, Laurent Jarrige commence une improvisation vocale, pendant qu’est diffusée sur l’écran une image de sandwich kebab sauce samouraï.

Devant l’image géante et tapageuse du kebab, le jury des basques panique, le plus vieux sort de sa poche un morceau de chorizo leader price. Le public aboie.

 

Pendant que les Pujols prennent l’estrade d’assaut, le dir de com de la BNP tente une éclipse discrète, se demandant comment il doit sourire, et tombe sur un étudiant en commerce de la Fémis qui lui propose de financer un film engagé sur un rocker bisexuel dans les quartiers chauds de Montmartre, le dir de com de la BNP se demande comment sourire, trop tard l’étudiant lui présente l’actrice qu’il baise parce qu’elle ressemble à Amélie Poulain en plus chaudasse, elle lui met la main dans le slip en susurrant des marques de pâté de foie, le dir de com oublie tout à coup qu’il doit sourire, clac, l’étudiant prend la photo, ricane et disparaît dans la foule en espérant récupérer une rondelle de saucisse de porc.

 

Les Pujols sur la scène font la nique aux vieux basques avec de grands couteaux, tout ce rouge rappelle la feria, les taureaux, Picasso, la guerre d’Espagne, la lâcheté, on n’a plus trop envie d’en parler on aimerait le buffet qui s’ouvre sur des empilades de pots de rillettes, de knackis chaudes, de tranches de poulet reconstitué halal, de chips parfum bolognaise, sur des montagnes de cubis de rosé, de mousseux allemand et de chocolat aux corn flakes.

 

 

Alors, dans un grand moment de cinéma, dominant l’orgie générale des charcuteries, on prononce le discours de réconciliation,

« Tout était faux, ces basques n’étaient pas basques. » 

Lorsque, soulagé d’une culpabilité de lendemain, le public s’entrebaise, vautré dans les mayonnaises intestines, nous nous regardons avec cette certitude, que tout est bien.

 

 

Mathilde Nègre

Paris, le 17 juillet 2011

Pour la revue N°3 de l’association Bayonne Arrive

Ah c'est bite moulante

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Rédigé par Mathilde Nègre

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